La série :

Leen, Bertin, Papis, Wakery, Kareem, Adam, Motjaba … Tous ont un point commun, ils ont trouvé en France le refuge après l’exil. Tous aussi ont connu le déracinement, pour certains l’exil chaotique ou traumatisant, mais c’est avec la même ferveur, et riches de leur parcours, qu’ils racontent aujourd’hui leur installation en France et leurs projets pour une vie meilleure et un avenir à reconstruire dans notre pays.

A l’initiative de la Diair et dans l’optique de changer les regards parfois portés par nos concitoyens sur « la question des réfugiés », cette série de pastilles vidéo est une coproduction avec la Direction générale des étrangers en France (DGEF) du ministère de l’intérieur, et de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal), qui ont confié la réalisation de ces portraits à Hikari production.

Tantôt traitées sous l’angle du parcours individuel, tantôt en mettant en avant le dispositif dont ils ont pu bénéficier, ces séquences vidéos courtes ont pour objectif de présenter la richesse de ces personnes, leur reconnaissance unanime et leur détermination suite à leur installation en France. La France pour qui l’accueil des personnes réfugiées est aussi une belle opportunité.

Pour les coproducteurs et notamment pour la Diair, il s’agit de montrer là quelques exemples de parcours d’intégration accomplis, ou en passe de l’être, loin des clichés ou des a priori et représentations négatives liées à « l’immigration » et les migrations. Tous ces exemples montrent qu’il est possible de faciliter l’insertion, dès lors que tous participent au succès de cette mission : services publics, associations, entreprises, société civile et, bien sûr les personnes réfugiées elles-mêmes. 

Si vous souhaitez nous faire part d’initiatives locales, associatives ou individuelles, susceptibles de faire l’objet d’un « portrait » pour compléter cette série, envoyez-nous un message à contact@acceuil-integration-refugies.fr accompagné d’une présentation de celles-ci, nous aurons plaisir à en prendre connaissance et vous recontacter.

 

Les portraits :

Bertin à Thal-Marmoutier (67)

Bertin, réfugié centrafricain arrivé sur le territoire en avril 2018, a fui la guerre et a eu 5 jours pour rejoindre le Tchad. C’est le premier pays qui l’a accueilli et l’a pris en charge en tant que réfugié. Aujourd’hui, il séjourne dans le Bas-Rhin à Thal-Marmoutier dans un ancien couvent reconverti en centre d’accueil, géré par l’association France Horizon. Pour Jean-Claude Distel, maire de la commune qui a rencontré une certaine hostilité de la part de ses administrés dans les premiers jours : « l’accueil est une chose qui ne se refuse pas quand on est élu de la République. ». Aujourd’hui les habitants sont les premiers à contribuer à cet accueil.


Papis à Cornillon-sur-l’Oule (26)

Kerfala Damba dit « Papis » est réfugié guinéen en France depuis les années 80. Il réside aujourd’hui à Cornillon-sur-l’Oule avec son épouse où il a ouvert son restaurant, mélangeant saveurs du terroir français et celles de sa culture d’origine. « Je souhaite à beaucoup de gens d’avoir la chance que j’ai eue, c’est très important », « J’ai eu l’opportunité d’avoir des stages avec des organismes comme Léo-Lagrange, je devais rester 3 semaines, je suis resté 20 ans ». Thierry Giroin, Maire de Cornillon nous a confié : « quand Papis et sa femme sont arrivés, ça a redonné vie à notre petit village de 75 habitants et à toute la vallée ».


Wakery à Avignon (30)

Wakery Tandia est réfugié malien à Avignon et apprenti couturier pour l’Opéra du Grand-Avignon. Il nous raconte : « Je suis arrivé à l’âge de 14 ans et j’ai trouvé des personnes qui sont très utiles, qui m’ont poussé et aidé à apprendre la couture. Dans l’avenir, je voudrais devenir quelqu’un d’important dans le monde de la couture d’ici ». Aujourd’hui, il a 17 ans. Sa maîtresse de stage tout comme la cheffe costumière de l’Opéra du Grand-Avignon qui l’a repéré, reconnaissent son immense talent et ne doute pas qu’un avenir professionnel riche s’annonce pour Wakery.


Kareem-Hamed à Onnaing (59)

Kareem Hamed Khaled est un réfugié soudanais, salarié de l’entreprise Barilla à Onnaing dans les Hauts-de-France. Arrivé en France il y a deux ans, il a débuté par une formation « préparateur de commandes » et c’est suite à des cours de français qu’il a été embauché. Il a été bénéficiaire en 2018 du programme Hope (Hébergement, orientation, et parcours vers l’emploi) porté par l’Afpa. Aujourd’hui il maîtrise la langue française et son métier, et donne toute satisfaction à son employeur qui a ouvert ses portes à d’autres réfugiés « parce que c’est juste, et parce que c’est une richesse pour le groupe ».


Leen à Paris (75)

Leen est réfugiée syrienne et a fui son pays ravagé par la guerre civile en 2011. Elle est architecte de formation. Elle a décidé de créer son projet d’Agence touristique innovante dans la capitale, avec un projet de visite de sites historiques ou architecturaux disparus, reconstitués en réalité virtuelle. C’est Techfugees qui l’a aidée à trouver des contacts et à conduire son projet.


Adam à Paris (75)

Adam est un réfugié tchétchène, ébéniste. Il travaille le bois depuis 1998. Arrivé en France en 2014, il a appris des bases de français pour intégrer en 2018 le projet « la fabrique nomade », entreprise d’insertion des artisans migrants. S’il a perdu son pays, il a conservé son talent et a retrouvé aujourd’hui son métier. Ponctuel, motivé, il déclare : « grâce à la Fabrique nomade, les gens reconnaissent mon travail et ma valeur et je ne suis pas à la maison à ne rien faire. Je suis vraiment content d’être ici. ». Il a eu très peu de liens avec la société française et est dans une situation précaire avec des enfants à charge mais il a montré une force de travail et une détermination à s’en sortir vraiment admirable.


Motjaba à Gif-sur-Yvette (91)

Mojtaba est réfugié afghan arrivé en 2015 et présent sur le territoire français depuis 3 ans. Aujourd’hui il habite « chez l’habitant » dans le cadre du programme Elan porté par le Samusocial de Paris. Patrick et Julie partagent avec lui leur logement depuis 4 mois et pour eux : « c’est le début d’une belle histoire d’amitié qui est en train de se créer ». Mojtaba ajoute : « en Afghanistan quand on habite avec quelqu’un, on est comme une famille ». Si le pari de l’hébergement citoyen peut sembler risqué, Nadège Letellier, responsable du programme Elan nous a confié : « Notre mission nous montre qu’il y a peu de difficultés de cohabitation car dès le départ chacun connaît ses limites. On encadre aujourd’hui 57 personnes réfugiées et accompagnées. Parmi celles qui ont bénéficié du dispositif, 93% ont trouvé un emploi donc c’est très stimulant ».