Grâce au projet « Tout au début », les étudiants réfugiés du DU passerelle de Paris Descartes nous font découvrir les premières pages de romans des plus grands auteurs du XXème siècle.

 

 

Depuis le début de l’année scolaire, les jeunes étudiants réfugiés inscrits au diplôme universitaire « passerelle » de l’université Paris-Descartes participent à des ateliers théâtre animés par la comédienne de théâtre Sophie Gubri. Le diplôme universitaire « passerelle » s’adresse aux étudiants en exil, à qui il permet d’acquérir un niveau de français suffisant pour poursuivre des études ou entrer dans la vie professionnelle. Une quarantaine d’établissements d’enseignement supérieur proposent des dispositifs de ce type à travers la France. Ils comprennent un volet linguistique, un volet culturel, un volet méthodologique (apprentissage du travail universitaire, initiation à la recherche, découverte des formations…) et un volet de pratique sportive.

À l’université Paris-Descartes, le diplôme universitaire FLAVIC (Français Langue Vivante et Culture) accueille une quinzaine d’étudiants sur le site de l’IUT de Paris pendant 16 semaines.

C’est dans le cadre du module « communication par le théâtre » — et de sa réinvention en distanciel — que les professeurs ont imaginé des lectures de romans et les ont proposées aux étudiants. Ceux-ci ont immédiatement adhéré au projet et cet exercice exigeant leur a permis de travailler toute une gamme d’activités langagières (phonétiques, prosodiques, etc).

Ainsi, se saisissant des outils numériques, Sophie Gubri et Michel Winogradoff nous suggèrent une nouvelle manière d’apprécier la littérature et la langue française. Sophie Gubri met en scène et Michel Winogradoff conceptualise la musique. Au sein de l’association Pierre Claver ou au théâtre, ces deux artistes travaillent ensemble depuis longtemps, sur des projets culturels auprès des personnes réfugiées.

Le projet « Tout au début » propose ainsi « de lire avec ses oreilles » les premières pages des romans d’Annie Ernaux, Guy de Maupassant, Modiano ou Albert Camus… interprétées par les étudiants réfugiés.

Appuyées par un accompagnement musical et des sous-titres, ces capsules vidéo permettent de vivre le récit autrement et d’en apprécier le rythme, avec les accents. Selon Michel Winogradoff, cette bande originale sur mesure est l’occasion « de se mettre à la place de l’auteur et de vivre chaque mot à son propre rythme, avec ses propres interprétations ».

Ce projet est le fruit d’un travail minutieux et rigoureux qui a permis aux jeunes étudiants de gagner confiance en eux et de s’approprier la langue de Molière. Il met également à l’honneur une nouvelle forme de partage, à travers les écrans. La prochaine étape ? Sophie Gubri souhaiterait « élaborer un outil pédagogique qui pourrait servir aux professeurs des diplômes universitaires afin que les étudiants réfugiés puissent travailler et découvrir les textes, les poésies et le théâtre français depuis leur tablette, ordinateur ou smartphone ! ». Car elle en est persuadée : l’important est de pouvoir lire partout et à tout moment.

Ainsi, grâce à l’engagement de ces deux amoureux du théâtre, la culture française continue de vivre et de se transmettre. Même en ces temps de confinement …

Cliquez ici pour pour les écouter.