En plus de faciliter la mobilité des réfugiés, le garage social Apreva accompagne des personnes en insertion professionnelle, à travers le métier de mécanicien automobile. Khaldoun Azzam, un réfugié syrien arrivé en 2016, a trouvé un emploi grâce à cet accompagnement. Ce passionné de voitures nous raconte son intégration en France.

Comment s’est déroulée votre arrivée en France ?

Je suis arrivé en France en septembre 2016 avec ma femme et mes quatre enfants. J’ai été accueilli à Bordeaux par l’association Cham, où j’ai été bénévole. J’ai ensuite rencontré une personne de l’association Action Emploi Réfugiés, à qui j’ai donné mon CV.

Grâce à cette rencontre, j’ai pu continuer mon parcours d’insertion au sein du garage social Apreva près de Bordeaux. Après deux ans d’accompagnement, j’ai pu décrocher un CDI dans un garage de la métropole.

Qu’est-ce que votre expérience chez Apreva vous a apporté ?

Mes deux années chez Apreva m’ont permis de progresser en français et d’apprendre le vocabulaire du métier de mécanicien automobile. La mécanique est un métier de passion. J’ai travaillé plus de 25 ans chez Mercedes-Benz en Syrie. J’avais donc déjà de l’expérience. Mais il me manquait la langue et la connaissance du vocabulaire technique qui est indispensable pour exercer ce métier.

Comment avez-vous vécu votre intégration en France ?

Mon intégration en France s’est très bien passée, notamment grâce au travail. Dès que nous sommes arrivés, le plus important pour moi était de reprendre mon métier de mécanicien. Ce travail que j’ai décroché est un aboutissement pour moi. Je discute avec mes collègues, je côtoie les clients… C’est vraiment là que je m’intègre à la société française.

De plus, nous sommes devenus amis avec quelques familles françaises grâce aux associations. Nos activités bénévoles nous ont permis de nous rendre utiles et d’améliorer notre français. L’intégration de nos enfants est aussi quelque chose de très important. Ma fille aînée a obtenu son brevet des collèges avec mention « très bien ». Ses deux petites sœurs et son petit frère sont également très bien intégrés dans leur parcours scolaire.

Quelle est l’importance de la mobilité lorsque l’on est réfugié ?

Chez Apreva, nous recevions des gens aux situations diverses, pour leur louer et réparer des voitures à un tarif plus bas. Les réfugiés sont davantage exposés à ces situations car ils n’ont pas l’argent pour avoir un véhicule. Or, pouvoir se déplacer est quelque chose de très important pour s’intégrer. C’est parfois indispensable pour trouver du travail, mais également pour aller chercher ses enfants à l’école, faire les courses. Pour la vie du quotidien en fait !

Par ailleurs, nous avons eu de la chance car au moment où nous étions arrivés, nous avons juste eu à changer notre permis de conduire pour un permis français. Aujourd’hui, le permis de conduire syrien – comme d’autres – n’est plus reconnu. Ceux qui arrivent désormais doivent repasser l’examen. Ce qui peut être compliqué financièrement. Par contre, nous n’avons pas eu de mal à nous adapter au code de la route français. Je trouve d’ailleurs personnellement qu’il est plus facile de conduire en France qu’en Syrie ! Comme il y a plus de règles, la circulation est plus simple.

Comment envisagez-vous votre futur en France ?

Même si je suis très heureux de mon travail, mon rêve serait de travailler à nouveau chez Mercedes-Benz ! J’ai déjà eu des contacts très positifs avec eux. Malheureusement, mon niveau en français n’est pas suffisant pour l’instant. Mais j’ai de l’espoir ! Ensuite, l’éducation de nos enfants est très importante. J’aimerais qu’ils fassent de grandes études. Enfin, nous aimerions pouvoir continuer à nous intégrer dans la société française et continuer à nous faire des amis. Pour cela, nous devons encore améliorer notre langue.