L’intégration sociale ne peut se faire sans intégration professionnelle. Voilà la conviction de Khaled et Hamid, deux jeunes bénéficiaires de la protection internationale.

Khaled, 25 ans, vient d’Érythrée et est arrivé à Rennes en 2017 alors qu’il ne parlait pas français. Il s’est rapidement lié d’amitié avec Hamid, un Afghan de 22 ans. Ces deux complices racontent leur parcours d’intégration.

 

Des parcours similaires pour deux jeunes d’horizons différents

 

Il se sont rencontrés dans le centre d’hébergement, puis ont suivi ensemble des cours de français avant de s’orienter vers une formation aux métiers du bâtiment avec la Fédération française du bâtiment d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne. Pour ces jeunes, l’électricité n’était pas une voie toute tracée et le parcours s’est révélé semé d’embûches. Comme le souligne Hamid, “il faut travailler deux fois plus car je veux vraiment m’intégrer !”.

Ils sont heureux de cette formation au CFA d’Ille-et-Vilaine qui constitue un environnement social et professionnel favorable pour une intégration réussie.

 

L’apprentissage du français, plus qu’une obligation, une nécessité

Pour ces deux jeunes, la maîtrise de la langue est une nécessité pour nouer des relations sociales et professionnelles. Les cours, adossés à la lecture et au dialogue dans un cadre moins formel, leur permettent une rapide progression.

Pour Hamid, l’effort est poussé à son paroxysme puisqu’il va jusqu’à parler français avec ses amis afghans, situation pour le peu déconcertante au début !

De son côté, Khaled a eu plus de difficultés au départ, ne maîtrisant pas un mot de français ni d’anglais. Le français est la première langue étrangère qu’il apprend et il en est tombé amoureux ; il se passionne désormais pour l’histoire de France et lit beaucoup.

 

Madame Pellerin, une boussole dans leur parcours d’intégration

Hamid et Khaled ne cessent de rappeler que, sans leur rencontre avec Madame Pellerin, ils n’auraient pu s’intégrer si rapidement. Plus qu’une professeure de français, c’est elle qui leur a fait découvrir la formation, c’est elle qui les accompagne dans les bons comme les mauvais moments, et c’est elle qu’ils contactent quand ils ont des soucis. Elle représente une boussole pour ces jeunes en exil.

Cécile Pellerin, après avoir animé des Centres de Documentation et d’Information (CDI), s’est donné pour objectif d‘accompagner vers l’insertion des jeunes, souvent isolés, dans un pays qu’ils découvrent. Pour elle, cette intégration est un travail quotidien qui s’effectue principalement hors des salles de classe ; l’alternance est donc un moyen idéal.

L’opportunité pour ces jeunes de suivre un programme financé par le Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) du Ministère du travail et coordonné par la Diair est une chance inouïe. Les savoirs qu’ils acquièrent à l’école, ils les utilisent en entreprise via l’alternance. Celle-ci permet aux étudiants de s’insérer dans le monde professionnel et donne accès à l’entreprise à des jeunes motivés et consciencieux.

 

Des projets plein la tête…

La COVID-19 bouleverse les plans de ces deux néo-bretons ; l’avenir est incertain pour les formations comme pour les entreprises. Hamid et Khaled ont cependant des projets plein la tête.

Khaled souhaite rester à Rennes ou dans ses environs, il s’y sent bien et voudrait travailler pour l’employeur qui l’embauche en alternance. Son rêve ? Devenir chef d’équipe ou de chantier pour s’acheter une maison !

Hamid quant à lui, aimerait découvrir le monde et espère voyager en travaillant grâce au caractère international de l’entreprise qui l’emploie.

Quand on leur demande ce dont ils ont aujourd’hui besoin, ils répondent qu’ils souhaitent travailler et continuer à apprendre pour devenir des Français à part entière. Pour eux, l’intégration passe par des opportunités données par autrui, mais surtout par un travail personnel.

Le message qu’ils veulent faire passer : apprenons à nous découvrir !