Le Lab’R, laboratoire d’expérimentation et d’innovation au service des réfugiés

Le Lab’R est né du souhait d’Alain Régnier de créer du lien entre praticiens (société civile, décideurs politiques, administration, personnes réfugiées…) et le monde académique, et de créer un « espace de réflexion libre » et d’action permettant de faire émerger idées, bonnes pratiques et synergie entre ses différents acteurs.

Le contexte

Le débat autour des thématiques de l’accueil et de l’intégration souffre de campagnes de désinformation massive. Les termes de « migrants », « réfugiés », « demandeurs d’asile » sont mélangés et largement incompris. Pour nourrir un débat constructif et dépassionné, il est urgent d’expliquer les termes, d’objectiver les chiffres, de rendre accessible l’information.

En parallèle, les acteurs de l’accueil et de l’intégration sont segmentés et une vision globale est encore à construire. Il faut bâtir un véritable réseau afin de sortir d’actions ponctuelles en réponse à une situation d’urgence. L’élaboration de mesures pérennes efficaces doit passer par une mise en relation des acteurs déjà très engagés.

 

Les enjeux

L’enjeu du Lab’R est de dépassionner le débat par cette mise en réseau.

L’implication du monde universitaire est centrale. De nombreux chercheurs ont travaillé ou travaillent sur les questions qui nous intéressent : qui sont les personnes réfugiées ? Comment améliorer l’intégration ? Quels outils pédagogiques pour un meilleur apprentissage du français ? etc. Le Lab’R s’attachera à intégrer les travaux des chercheurs, à les diffuser et à proposer des supports de lecture adaptés.

Pour remplir ces missions, ce Lab aura trois composantes : une plateforme numérique « Agi’R », des groupes de travail et des séances plénières. La plateforme, Agi’R, aura pour premier objectif de mettre en réseau les acteurs. Le Lab’R sera un espace de réflexion et d’échanges pour diffuser et remonter de l’information dans un esprit « open data ». Ensuite, les groupes de travail, les « Fabriques », permettront de produire de la connaissance et d’éclairer des zones d’ombre. Elles rassembleront un petit nombre de personnes sur un sujet précis avec un livrable prédéfini. Enfin les séances plénières, « Agora », réuniront une fois par an tous les acteurs du Lab pour faire le choix du programme de travail des Fabriques pour l’année suivante et permettre de faire vivre le réseau.

 

En quelques chiffres

En France, moins d’une dizaine de laboratoires travaillent spécifiquement sur les réfugiés. En revanche, nombre d’entre eux travaillant sur des publics fragiles orientent récemment leurs travaux sur les réfugiés. Un partenaire du Lab’R sera l’Institut Convergences Migration qui réunit 8 acteurs institutionnels et 4 unités mixtes de recherche. Avec un budget de 14 millions d’euros sur 10 ans, il couvrira à travers 6 départements l’ensemble des thématiques de recherche d’intérêt pour le Lab.

La plateforme numérique, Agi’R, initiée par le Lab’R et copilotée par ses contributeurs a vocation à rassembler entre 100 et 500 acteurs.

Les « Fabriques » ont un objectif de 8 sessions par an avec 10 personnes mobilisées sur chaque session.

 

Crédit photo : MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR